Jean-Baptiste Masson, L’immobilité comme mouvement suprême : Zen et musique chez John Cage et Giacinto Scelsi.

Apparu en Chine et prenant sa source dans le bouddhisme, le Zen est une école de pensée qui vise à débarrasser le pratiquant de toute forme d’ego et de pensée rationnelle. La pratique du Zen se focalise sur l’expérience directe, seule à même de faire progresser, et cherche l’union totale avec le monde au sein de l’instant présent. C’est durant les années 50 que le Zen se diffuse en Europe et aux États-Unis. Par l’importance accordée à la pratique directe et la focalisation sur l’instant présent, le zen partage des préoccupations essentielles de la musique. Pouvons-nous observer des points de contact entre les deux pratiques ? Quel influence le zen peut-il avoir sur la musique ? Qu’est-ce qu’une approche zen de la composition musicale ? Quelle est la place de l’interprète dans cette approche ? Et de l’auditeur ? Nous nous focaliserons ici sur les rapports du zen à la composition et à l’interprétation, et prendrons pour base les musiques de John Cage et Giacinto Scelsi, en particulier les pièces One6 et L’âme ouverte. La forme même de notre exposé suivra le déroulé de la progression spirituelle d’un pratiquant du Zen, à travers l’examen d’un certain nombre de concepts qui guideront notre parcours.

pdf : Masson_Zen et musique chez Cage et Scelsi